Nous avons rencontré le 18 Novembre 2019 au collège Chevreul, l’écrivaine Annelise Heurtier à l’occasion de la sortie de son nouveau livre « La fille d’Avril ». Ce livre n’est pas encore connu du grand public mais fait partie de plusieurs concours tels que le prix Chronos ou encore le concours Babélio. Article écrit par : Pauline Larrodé, élève de 3èmeF.

L’héroïne, Catherine, est une jeune fille voulant casser les règles de la société. Son rêve est de courir ce qui est très mal vu pour une jeune fille des années 60. Alors elle va mener en secret, un combat pour  sa propre liberté. Basé sur un fait réel, le roman s’inspire de la vie de Katerine Switzer, première marathonienne du monde. Annelise Heurtier trouva l’idée de ce livre en 2017 à l’annonce des 50 ans du premier marathon de Katerine. S’en suivirent 6 mois de recherche sur l’époque ainsi que sur la marathonienne, puis 2-3 mois d’écriture à raison de 5 heures par jour. Auteur  à succès, Annelise Heurtier vend aujourd’hui des millions de livres partout dans le monde. Elle vient d’ailleurs de finir son dernier livre dont l’idée a été donnée par son fils qui devrait paraître bientôt.

Etant petite, elle n’aurait jamais pensé devenir écrivain. Pour elle, les écrivains étaient tous morts ou avaient un comportement étrange. Pourtant, elle préférait la lecture à la télévision (ce qui inquiétait son père) et était déjà très douée en rédaction.

A l’école, elle était une bonne élève. On lui conseilla de faire un bac scientifique même si elle n’en avait pas envie. Elle n’avait pas de vocation. Elle pensa faire des études de médecine mais ayant peur du sang cela était compliqué. Elle fait alors une classe préparatoire au lycée Ampère et intègre une école de commerce. Après ses études, elle travaille dans le marketing et la communication avant de se rediriger dans l’aide à la personne.

Plusieurs années plus tard, on propose à son compagnon de partir vivre à Tahiti dans le cadre de son travail. C’est là où tout a commencé pour Annelise Heurtier. Elle envoyait souvent des cadeaux à sa nièce et inventait une histoire pour chacun d’eux. Choix du destin ou du hasard, son compagnon lit une de ses histoires alors qu’il n’aime pas lire… Il adore. Il lui propose alors d’écrire des histoires pour enfants. Elle refuse, elle n’a pas envie de les lire au milieu d’enfants chahuteurs. Mais elle prend finalement conscience qu’elle aura simplement à les écrire C’est la révélation ! Elle commence à écrire (1h par semaine) tout en continuant son travail. C’est seulement à son deuxième séjour à Tahiti qu’elle tente l’expérience d’arrêter son travail pour écrire. Et depuis 2010, elle consacre tout son temps à l’écriture.

Contrairement à beaucoup d’écrivain, Annelise Heurtier n’a pas d’auteur préféré. Elle a, en revanche, un livre préféré parmi les siens : un album tiré de l’histoire d’un romancier russe, Tolstoï (« Combien de terre faut-il à un homme ? »).

Elle trouve ses sources d’inspiration dans la vie de tous les jours, dans les autres livres et dans ses petites histoires du quotidien.

Face à son succès, les membres de sa famille ont tous un avis différent sur le sujet. Sa mère n’a pas d’esprit critique : tous les livres de sa fille sont parfaits ! Son mari est lui, au contraire, honnête et l’aide donc beaucoup dans ses choix d’écriture. Sa grand-mère, elle, pense qu’écrire pour les enfants est facile alors que c’est bien plus compliqué que d’écrire pour les adultes. Sa tante estime que d’écrire pour les enfants n’est qu’une étape pour devenir un vrai écrivain pour adulte. Enfin, ses deux enfants pensent que ses livres ne sont pas de vraies lectures car c’est leur mère qui les écrit donc ils ne les lisent pas. 

 Si sa famille est son premier public, elle à cependant besoins d’avoir l’avis du jeune public. Pour cela, Annelise Heurtier aime venir au contact des lecteurs en les rencontrant car le métier d’écrivain est très solitaire. Elle a fait quelques passages télé ainsi que des interventions dans des collèges qui représentent les trois quarts de sa rémunération d’écrivain.

Le métier d’écrivain est peu rémunéré : un écrivain ne gagne que 6% su  r la vente d’un de ses livres. Pour l’achat d’un livre de 6€, seulement 15cts sont reversés à l’auteur. Le reste est partagé entre le libraire et l’éditeur.

Le métier d’écrivain est d’ailleurs très difficile. Ecrire prend beaucoup de temps : cela dépend de la longueur du livre, du temps d’écriture par jour et du temps de recherche. Beaucoup de livres sont refusés par les éditeurs. Ils lisent seulement trois pages : la première, la dernière et une au milieu pour déterminer s’ils gardent le livre. Ensuite, une autre sélection est faite par des lecteurs qui choisissent les livres retenus. Enfin encore d’autres lecteurs relisent les livres présélectionnés pour faire le choix final sur 2 ou trois livres. 

Un livre peut être refusé pour plusieurs raisons : le sujet ne correspond pas à la maison d’édition, le livre ne présente pas de débouché commercial ou les éditeurs ont déjà choisi un livre sur le même sujet. Cela est arrivé à Annelise Heurtier pour des petits albums et non pour ses romans…

24 novembre 2019